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Un autre tourisme
est-il possible ?


Les touristes sont de plus en plus attirés par les pays du Sud. Rare opportunité de développement pour ces pays pauvres ou danger de pollution et perte d’identité ? Une nouvelle forme de tourisme « responsable » émerge depuis quelques années pour tenter de rendre cette évolution durable et équitable. Analyse.
Par Cédric Bihr - Photos Olivier Grunewald

Au fil
de l'article

Initiatives écologiques
Des voyages utiles
L'avion, un gros pollueur
Le prix à payer
Et si on prenait ...

Et aussi...
700 millions de touristes
Un gîte panda ?
Émissions de CO2

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Sur de vieilles machines à coudre mécaniques ornées d’inscriptions chinoises, deux femmes assemblent les pans d’un auvent qui viendra augmenter la surface des tentes touarègues installées la veille. Aux portes du désert mauritanien et à l’entrée de la vieille ville de Chinguetti, le campement finit d’être dressé pour accueillir les invités, le lendemain. Organisé par l’association Déserts purs, ce rassemblement entre pouvoirs locaux, agences de voyages et habitants veut poser franchement la question de la démarche à adopter pour que tourisme, développement local et environnement s’accordent au mieux. «Nous nous battons principalement contre un ennemi d’autant plus dangereux que nous le produisons nous-mêmes: les déchets, explique Mahmoud Ould Oumar, fondateur de Déserts purs et guide pour l’agence Allibert. Et le tourisme en produit encore plus. Les touristes qui viennent ici cherchent l’authenticité. Mais, même s’ils veulent manger ce

que nous mangeons, personne ne peut changer d’alimentation en quelques jours. Rester en bonne condition physique, c’est essentiel dans le désert, c’est pourquoi nous ne pouvons faire autrement que d’importer certains produits, et donc des déchets.»
Savoir discerner le bon dans le mal est une discipline en laquelle se doivent d’exceller les habitants du désert pour survivre aux dures conditions. Mahmoud est passé maître dans cet art: «J’essaie de faire en sorte que les habitants de Chinguetti se posent des questions lorsqu’ils voient un touriste mettre son mégot de cigarette dans sa poche, son papier de chewing-gum dans son sac. Dans un premier temps, ils se disent qu’ils sont fous, ces touristes, pourquoi ils ne le jettent pas là, par terre. Ici, les gens sont nomades dans l’âme. Ils plantent une tente n’importe où et ne réalisent pas l’intérêt de faire attention autour d’eux. Lorsque c’est trop sale, ils s’en vont.»

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INITIATIVES ÉCOLOGIQUES
Sensibiliser les populations locales à travers les touristes afin de maintenir la propreté de Chinguetti, une idée saluée par le préfet, dont la présence à la journée de réflexion est une victoire en soi pour

Mahmoud. «Nous avons organisé des campagnes de ramassage de déchets, mais les pouvoirs locaux ne nous ont pas aidés. Il n’y a aucune structure pour la collecte et le traitement des ordures. Le fait que le préfet reconnaisse que nous avons réussi là où il a échoué, c’est un pas vers l’implication de l’administration.» Grâce à une ONG espagnole, un hôpital vient d’ouvrir à Chinguetti, la preuve de l’intérêt des étrangers pour la Mauritanie. Pour le préfet, c’est une chance qu’il faut conserver et cela passe par le maintien de la propreté.
Aujourd’hui, Allibert décide, pour fêter ses 30 ans, d’encourager 30 projets de préservation, restauration et développement local, inscrits dans une volonté de démarche pour un tourisme responsable. Déjà employeur de Mahmoud et soutien de Déserts purs, l’agence propose une aide financière pour l’acquisition d’un incinérateur à Chinguetti. Craignant qu’un incinérateur ne donne l’impression aux habitants que les déchets peuvent être facilement supprimés, Mahmoud préfère utiliser cet argent pour organiser de nouveaux ramassages et opérations de sensibilisation dans les villes voisines, comme à Ouadane, ville édifiée
au VIII e siècle et classée par l’Unesco.

Depuis une vingtaine d’années, des initiatives «écologiques», « équitables» ou «durables» émergent de certaines agences de voyages pour tenter de contrer les méfaits d’un tourisme de masse. Pollution, surexploitation, artificialisation des paysages, surconsommation de ressources limitées comme l’eau ou l’énergie, le premier combat fut pour l’environnement.
Puis d’autres déséquilibres sont apparus, comme la mauvaise répartition des richesses entre visiteurs et hôtes : sur les 500 € d’un séjour en Tunisie, moins de 100 € restent en moyenne dans le pays d’accueil, selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). «Et lorsque le prix descend en dessous de 200 € pour une semaine, on peut être certain qu’un maillon de la chaîne est sous-payé, voire pas payé du tout», remarque Carla Rasera, chargée de mission relations internationales à l’Unat (Union nationale des associations de tourisme). De ces dangers sont nés l’écotourisme, le tourisme durable, équitable. Chacun y va de sa nomenclature, difficile de s’y retrouver. Dès 1988, l’OMT propose une définition du tourisme durable: c’est une façon de gérer «toutes les ressources permettant de satisfaire les besoins économiques, esthétiques et sociaux et de préserver l’intégrité culturelle, les écosystèmes, la biodiversité ». Le tourisme durable se réfère au triptyque du développement durable, c’est-à-dire supportable à long terme sur le plan écologique, viable sur le plan économique et équitable sur les plans éthique et social pour les populations locales.

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700 MILLIONS DE TOURISTES

En 1950, 25 millions de touristes parcouraient le monde pour le découvrir ou s’adonner aux délices du farniente et du dépaysement. Cinquante ans plus tard, ils étaient 700 millions à sillonner la planète et, si les prévisions de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) se vérifient, ils seront un milliard en 2010, 1,6 en 2020. Aujourd’hui, avec plus de 12% du PIB international et 200 millions d’emplois, le tourisme est la première industrie de la planète.


DES VOYAGES UTILES

Selon l’Unat, le tourisme équitable est un voyage proposé par des opérateurs à des voyageurs responsables et élaboré par les communautés d’accueil autochtones ou avec elles. Ces communautés peuvent les modifier, les réorienter ou les arrêter. Les bénéfices sociaux, culturels et financiers de ces activités doivent être perçus en grande partie localement et équitablement partagés entre les membres de la population autochtone. Finalement, les associations qui se définissent de tourisme équitable sont censées se soumettre au contrôle de la Plate-forme du commerce équitable. L’écotourisme est, lui, «une forme de voyage responsable dans les espaces naturels, qui contribue à la protection de l’environnement et au bien être des populations locales», pour l’International Ecotourism Society.
Aujourd’hui, le nombre d’agences de tourisme se réclamant de ces engagements ne cesse de croître et elles proposent des voyages originaux et utiles. Ainsi, Terra Incognita emmène, depuis 1999, des voyageurs vers l’une des dernières forêts primaires d’Europe, en Biélorussie. Avant l’arrivée d’écotouristes, le parc naturel n’avait que peu de chances de survie car aucune source de revenus n’existait. «Pour s’en sortir, les chercheurs ont dû louer leurs services à de riches chasseurs de grands mammifères. Quel paradoxe !, raconte Franck Pothé, directeur de l’agence. Alors nous avons cherché des fonds européens pour monter des circuits écotouristiques. Aujourd’hui, nous encadrons des touristes à la découverte des espèces du parc.
Certes, nous ne proposons qu’un seul voyage par an, mais si plusieurs agences ajoutent cette destination à leur catalogue, les chercheurs pourront abandonner la chasse.» L’agence Allibert suit, elle, depuis plusieurs années, l’action de Mahmoud Ould Oumar en Mauritanie et renforce son aide sur d’autres actions dans le monde. Il existe ainsi toute une frange d’agences de voyages, la plupart issues du monde de la montagne et de la marche, qui sont particulièrement actives en matière de tourisme alternatif. Plus petits, moins connus, certains prestataires touristiques ont préféré rester sous forme associative pour aller plus loin dans l’engagement. Ainsi, Croq’Nature propose des voyages répondant aux critères du commerce équitable. En commençant, il y a vingt ans, par des colonies de vacances dans les Pyrénées et en Bretagne avec une alimentation biologique, Jean-Luc Gantheil ne savait pas qu’il proposerait des séjours de tourisme solidaire en Afrique. «Notre principe, c’est de reverser systématiquement 6% du prix du voyage pour

 

le financement d’un projet de développement local. En dix ans, nous avons fait voyager 6 200 personnes et 290000 € ont été récoltés. Résultat : 25 puits, un forage, 10 écoles, un pensionnat… Quelque part, ce système se substitue à la taxe que devrait prélever l’État du pays d’accueil pour le redistribuer aux populations. Les locaux, eux, voient ainsi directement le lien entre les touristes et les projets qui se réalisent. Les rapports sont donc beaucoup moins conflictuels qu’en Tunisie, par exemple, où, parfois, les touristes sont victimes de jets de pierres.» Pour Carla Rasera, de l’Unat, Tourisme et Développement solidaires ou encore La Route des sens sont d’autres associations réellement efficaces. Plus axée sur la formation des populations locales à la négociation, cette dernière a, par exemple, permis à certaines populations d’Amazonie d’imposer leurs exigences de respect et de fréquentation à de gros touropérateurs. «On leur donne ainsi les moyens de prendre leur destin en main, de prévenir les erreurs à éviter lors de leur développement économique en matière environnementale. Si les choses sont bien faites, les touristes peuvent devenir une source d’information pour les populations locales. Elles réalisent ainsi qu’elles ont d’autres richesses que l’argent à préserver plutôt que de tenter de s’enrichir à tout-va», explique Carla Rasera. Testée avec le concours de l’agence Hommes & Montagnes, la démarche Alticoba21 apparaît aujourd’hui comme la forme la plus aboutie de réflexion et d’action en matière de tourisme responsable. Mise en place sur des randonnées chamelières à Djibouti et en Éthiopie, cette démarche, coordonnée par Alain Laurent, s’engage, en plus de reverser une partie des prestations à un fond de développement local, vers une volonté de progrès constant en matière d’économie d’énergie, de respect de l’environnement, d’équité sociale, de suivi sur le terrain et de formation. «Nous voulons ainsi tenter de devenir un modèle d’exigence et d’autocritique», expose Alain Laurent.

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QU’EST-CE QU’UN GÎTE PANDA ?

«Les campagnes se vident : pourquoi ne pas y chercher le dépaysement et l’isolement? Nous réfléchissons à des moyens pour développer la découverte de milieux naturels en redécouvrant certaines contrées abandonnées, de sites méconnus, de façon douce, préserver des milieux et des paysages “ordinaires”, pas forcément emblématiques », expose Jean-Christophe Poupet, responsable des gîtes Panda au WWF. Aujourd’hui au nombre de 300, les gîtes Panda, en partenariat avec les gîtes de France, essayent de toucher plusieurs points en un seul coup, c’est-à-dire aider ceux qui œuvrent pour la préservation de l’environnement –les hôtes–et sensibiliser les vacanciers. La création de sites Panda participe, d’autre part, à la formation de corridors entre les parcs naturels car les gens ui gèrent ces sites s’engagent à préserver la nature qui entoure leur gîte. Pour être estampillé gîte Panda, le cahier des charges est précis : être gîte de France, sur le territoire d’un parc, en zone isolée, que les bâtiments soient un peu typiques, qu’un sentier de randonnée passe à proximité, que le propriétaire soit volontaire et engagé dans un projet personnel –économies d’énergie, protéger un coin de nature, planter un verger avec des espèces en voie de disparition. Chaque gîte contient une mallette pédagogique pour sensibiliser le public. Le devoir du WWF, en échange, est de promouvoir ces gîtes, d’apporter une aide technique et des conseils pour l’élaboration de topo-guides.

L’AVION, UN GROS POLLUEUR

Pourtant, aussi motivées soient-elles, ces agences et associations sont confrontées à des problèmes d’une ampleur face à laquelle les meilleures intentions du monde semblent encore un peu faibles. «Le tourisme est un secteur tellement concurrentiel que personne ne peut faire ce qu’il veut. Pour continuer à exister, il faut être rentable et ce n’est malheureusement pas compatible avec le vrai tourisme responsable, déplore Pascal Lluch, de Hommes & Montagnes. Et puis l’un des problèmes majeurs que rencontrent les petites agences de voyages, c’est le pouvoir des compagnies aériennes qui décident des destinations et des prix. Ce n’est pas toujours évident de trouver un terrain d’entente lorsque l’on n’achète que quelques places dans un avion. » Et Jean-Luc Gantheil d’ajouter que «nous avons un sérieux problème en France. Même si les gens se disent disposés à voyager dans des conditions responsables, ça ne les empêche pas de taper sur [lastminute.com] et de choisir les prix les plus bas sans se poser plus de questions sur l’aspect équitable des prestations. Les Suisses, par exemple, sont plus fidèles à leurs convictions». Le transport

aérien pose un autre problème, plus direct: celui de la pollution. Paradoxalement, les adeptes du tourisme respectueux de l’environnement sont aussi parmi les plus gros pollueurs puisque les destinations choisies sont majoritairement lointaines. De loin le moyen de déplacement le plus nocif pour l’atmosphère, le trafic aérien aurait généré au cours de l’année 1999 plus de 600millions de tonnes de dioxyde de carbone, soit 3,5 % du forçage radiatif –mesure du changement climatique–, selon le GIEC (Groupe international d’experts sur le climat). Ajoutés aux autres moyens dedéplacement, plus de 22 % des émissions de gaz à effet de serre seraient dus aux déplacements de loisirs. Pour Jean-Christophe Poupet, responsable des gîtes Panda au WWF, « les agences qui proposent de l’écotourisme font beaucoup, mais elles ont parfois du mal à tenir leurs engagements. Un tiers de leur budget passe en transport aérien. Les tour-opérateurs cherchent à catapulter les gens sur des sites de plus en plus reculés, de plus en plus incroyables, pour une semaine. Alors forcément, on voit fleurir des aéroports au milieu du désert, aux portes de la jungle… Ce n’est pas vraiment durable».

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LE PRIX À PAYER

Avec 20 % de croissance constante par an, l’écotourisme pourrait bien finir par se mordre la queue. La surfréquentation des sites naturels engendre une pression importante sur les espèces sauvages, augmente leur stress et perturbe leurs comportements. Il est également de plus en plus fréquent que des touristes transmettent des maladies « exotiques » aux animaux. Des sites comme les Galápagos en ont déjà fait les frais. «Et puis aujourd’hui, les images qui paraissaient hier exotiques et dépaysantes ne sont plus aussi attirantes. Il faut aller encore plus loin. Les magazines, la télévision donnent toujours plus envie de partir. Comment freiner ce développement? On est sur le fil du rasoir…», analyse Norbert Tréhoux, animateur de l’association Agir pour un tourisme responsable (ATR). Alors se pose inévitablement la question du rôle du tourisme respectueux de la nature et des populations. Véritable moyen de découverte, d’enrichissement et de communication entre les peuples ou simple soupape de sécurité pour pays riches? En 2001, le tourisme international rapporte 142 milliards de dollars de recettes aux pays du Sud, soit le troisième poste d’exportation après les produits manufacturés et agricoles, avant les ressources énergétiques. Pour un tiers des pays du Sud, le tourisme est la première exportation et, pour les 49 pays les moins avancés, il est la principale source de devises après le pétrole. Pourtant, il ne fait pas de doute pour Carla Rasera
qu’« on ne peut pascompter sur le tourisme solidaire pour sauver les pays en voie de développement, ni même pour les aider. Le tourisme est un secteur tellement instable et soumis à des règles si incontrôlables que ce serait trop risqué pour un pays. Tous les professionnels du tourisme savent bien cela». Pascal Lluch note, lui, que le tourisme, même s’il est la première industrie au monde, ne touche que très peu de personnes localement, sauf exception. «Quel est le prix à payer pour la connaissance du monde, la rencontre entre les peuples? Si l’on cherche aujourd’hui à rendre le tourisme durable, c’est parce que nous vivons en Occident dans un monde qui n’est pas durable et qui nous pousse à trouver des soupapes de sécurité!»
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CALCULEZ VOS ÉMISSIONS DE CO 2 SUR [WWW.CO2SOLIDAIRE.ORG]

Pour compenser les émissions de CO 2 relatives à leurs déplacements en avion, [www.co2solidaire.org] propose aux particuliers et aux entreprises de calculer en ligne leurs propres émissions et d’en estimer la valeur en euros. Le visiteur peut alors reverser ce montant pour financer des projets de solidarité qui réduisent les émissions de CO 2 , en plus d’améliorer les conditions de vie des populations des pays en développement.
Par cette démarche de compensation volontaire, chacun peut faire un geste pour le climat. Un exemple : pour un trajet aller-retour Paris-Athènes, la distance parcourue est de 4200km. CO 2 émis = 0,67 tonne/personne. Le montant équivalent de compensation est de 17 € . Au Cambodge, par exemple, 17 € , c’est le coût de quatre foyers améliorés dont le fonctionnement permet d’économiser 2,66 tonnes de bois par an, soit 3,78 tonnes de CO 2 . Les sommes collectées sont directement et intégralement consacrées aux projets. Ces derniers sont gérés par une ONG de développement et de solidarité, le GERES (Groupe Énergies renouvelables, environnement et solidarité).[co2solidaire.org] soutient actuellement quatre programmes d’économie d’énergie au Cambodge, au Maroc, en Inde, en Afghanistan.
Ces projets permettent la réduction d’au moins 502000 tonnes de CO 2 par an.

ET SI ON PRENAIT SON TEMPS ?

Autre interrogation inéluctable: quel est le poids du tourisme durable face au tourisme de masse ? Peut-on espérer du «tout responsable » ? Alain Laurent prévoit la coexistence des deux types de mouvement. «Si l’on veut des prix toujours plus bas, on ne peut pas respecter le cahier des charges d’un tourisme équitable. Si l’on cherche un tourisme de meilleure qualité, il faut payer plus, c’est malheureusement inévitable. Mais, à ce moment-là, se pose le problème de la crédibilité des organismes. Qui va financer l’évaluation des agences?» En cours de création, l’ATR veut être, à terme, une sorte de label permettant aux consommateurs de choisir leur voyage «responsable». De son côté, le compte rendu du Sommet mondial de l’écotourisme, à Québec, en 2002, lors de l’Année mondiale de l’écotourisme, a estimé que la formation du consommateur est essentielle à sa sensibilisation et à la stimulation de la demande de produits et de services ne portant atteinte ni à l’environnement ni à la société. Cela devrait se faire en formant les clients plutôt qu’en recourant à une

réglementation. Dans le même temps, il dénonce «les médias qui ne traitent pas comme il conviendrait l’essentiel de l’écotourisme. Un exemple: souvent, les émissions de télévision consacrées à la nature montrent surtout des animaux dangereux ou de très beaux paysages et laissent de côté l’élément humain de l’équation». Et si, finalement, le vrai tourisme équitable, durable, solidaire, c’était de rester chez soi ou de repartir à la conquête des campagnes à portée de vélo ? Proust ne disait-il pas que « le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages mais à avoir de nouveaux yeux » ? Sans sombrer dans un «extrémisme réac», il semblerait tout de même qu’un « futur durable » soit dans l’avènement du tourisme lent, pour renouer avec le voyage en lui-même, prendre le temps d’aller d’un point à un autre plutôt que de se faire bombarder à l’autre bout de la Terre. Pour aller au Maroc, pourquoi ne pas traverser la France en train, prendre le bateau à Marseille et finir en taxi collectif ? Les vraies aventures et rencontres n’ont-elles pas lieu pendant le voyage ?

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POUR EN SAVOIR PLUS
> Nature & Découvertes en partenariat avec Saïga vous propose des séjours éco-solidaires, des voyages. Voir les destinations.
> Des carnets de voyages et de randonnées pour parcourir le monde, des itinéraires pour préparer vos randonnées dans notre sélection de sites rubrique Loisirs > Voyage, Randonnée.
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Cet article est extrait du dossier "Le tourisme est-il enemi de la nature" du magazine Terre sauvage n°203 (mars 2005).

Les autres articles de ce numéro:
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