Sommaire

Forêts : coupes sombres ou coupes claires ?

Papier, mobilier, jouets, bois de chauffe… La forêt est exploitée de toutes parts. Au risque de compromettre son avenir et le nôtre ? Pourtant les solutions existent. En espérant que la volonté soit au rendez-vous. Touchons du bois…

Chiffres-clés
5 % de la surface terrestre est couverte de forêt contre 15 % au début du siècle dernier
13 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année dans le monde soit, chaque seconde, l’équivalent d’1 terrain de football.
50 % des espèces terrestres vivent dans les forêts tropicales.
300 millions d’hectares soit 8 % des forêts mondiales ont été certifiées par des organismes indépendants. (source : FAO 2008)
30 % du territoire français est recouvert par les forêts mais seule 10 % de la surface des forêts est publique. (source : ONF)

Sommaire :

1. État des lieux de la déforestation dans le monde
2. La richesse de l’écosystème forestier
3. Exploiter sans ruiner
4. Et la France dans tout ça ?
5. Outils de protection des forêts
6. Penser global, acheter local
7. Face à face – Le papier est-il une catastrophe écologique ?

 

1. État des lieux de la déforestation dans le monde

Chaque seconde, dans le monde, l’équivalent d’un terrain de football de forêt disparaît. « En 1998, je suis arrivée à Bornéo pour rédiger ma thèse sur les orangs-outangs. J’ai pris conscience de l’ampleur des dégâts en survolant la forêt en hélicoptère. Soudain, l’immensité verte a pris fin pour laisser place à des étendues à perte de vue de plantations de palmiers à huile. Au vert profond succédait le jaune et la sécheresse. Un véritable électrochoc ! », se souvient Emmanuelle Grundmann, primatologue et journaliste scientifique. « Il y a un siècle, la forêt couvrait 15 % de la surface terrestre. Aujourd’hui, seulement 5 % », ajoute-t-elle. À eux seuls, les 10 pays les plus riches en forêt représentent 80 % des forêts primaires du monde. Ainsi, le Brésil, l’Indonésie, le Mexique et la Papouasie-Nouvelle-Guinée concentrent tous les enjeux.

 

Le saviez-vous ?
Qu’est-ce qu’une forêt primaire ? Il s’agit d’une forêt où aucune trace d'activité humaine n'est visible et où les processus écologiques ne sont pas perturbés. Les forêts primaires ou faiblement modifiées représentent un tiers de la surface forestière mondiale.

La déforestation est particulièrement inquiétante en Amazonie (- 3,1 millions d’ha/an au Brésil entre 2000 et 2005), en Afrique Équatoriale et en Malaisie et Indonésie (- 1,8 million d’ha/an). La Chine, quant à elle, a replanté en bois une surface équivalente à la Californie. Un bel effort mais il s’agit surtout de jeunes plantations de monocultures, pauvres en biodiversité.

En quoi la disparition de la forêt est-elle un enjeu majeur ? Non seulement la forêt joue un rôle dans l’équilibre climatique (voir encadré), mais elle rend également de nombreux autres services écologiques. Elle protège les sols sur lesquels elle est installée. Au-delà de 30 % de pente, c’est même la seule à pouvoir arrêter l’érosion. L’alliance entre les différentes strates de végétaux (mousses, lichens, arbres) et le sol possède également un extraordinaire pouvoir de purification de l’air et de dégradation des polluants. Pour la France, on estime à 970 €/ha/an les services écologiques rendus par la forêt (source : Conseil d’Analyse Stratégique).

Mais le principal enjeu de la déforestation est celui de la biodiversité animale et végétale. Les forêts concentrent en effet l’essentiel de cette biodiversité : la moitié des espèces terrestres du globe vivent dans les forêts tropicales. En détruisant leur milieu naturel, la déforestation les condamne à mort. On estime aujourd’hui que le rythme actuel de disparition des espèces est mille fois supérieur à son niveau naturel. L’orang-outang, le panda, le koala sont les espèces menacées les plus célèbres. Mais en Amazonie, la loutre géante, le lamantin et la grenouille dendrobate sont aussi lourdement menacés. Plus proche de nous, la cigogne noire souffre de la disparition de son habitat et de la rareté des arbres centenaires, sur lesquels elle niche.
Or cette biodiversité, au-delà de toute considération philosophique, est utile à l’homme. Pour exemple, un  quart des médicaments commercialisés dans les pharmacies occidentales renferment au moins un ingrédient actif dérivé d'une espèce végétale tropicale.

À terme, cette éradication du vivant menace l’humanité même. Le journaliste et réalisateur Nicolas Hulot, le botaniste Francis Hallé et le géographe Frédéric Durand ont conjointement tiré la sonnette d’alarme le 11 novembre 2003 dans le quotidien Le Monde en signant un texte intitulé « Forêts tropicales, c’est fichu. » Pourquoi cette alerte sur les forêts tropicales ? Parce qu’elles abritent la moitié des espèces terrestres de notre planète !

 

Ça chauffe !
20 % des émissions de gaz à effet de serre sont dues à la déforestation. C’est dire à quel point, la forêt joue un rôle écologique de premier plan pour la planète. En Indonésie, le rythme galopant de la destruction de la forêt et des tourbières est le principal facteur d’émissions de CO2 : ce pays est devenu le 3e contributeur en gaz à effet de serre, après les Etats-Unis et la Chine (source : Greenpeace).
Les écosystèmes forestiers permettent en effet de fournir l’oxygène indispensable à la vie humaine tout en prélevant le CO2 de l’atmosphère. Ce CO2 séquestré dans la matière vivante (bois, branches, racines) correspond au concept de « puits de carbone ». On évalue qu’1 m3 de bois stocke environ 1 tonne de CO2 (source : ONF). La séquestration des forêts françaises est de l'ordre de 70 millions de tonnes de CO2 par an (source : http://www.actu-environnement.com/ae/news/cdc-bois-fond-sequestration-10592.php4). « Dans le Limousin, seuls 4 % de nos forêts sont âgées de plus de 150 ans. Or, ce sont les vieilles forêts qui stockent le plus de carbone », souligne Pierre Seliquer, directeur du Conservatoire Régional des Espaces Naturels du Limousin. Tourbières et forêts tropicales stockent également beaucoup de carbone. Tout l’enjeu consiste donc à gérer les forêts sur le long terme, en ne privilégiant pas systématiquement les arbres à pousse rapide pour la production de bois.

 

biodiversité des forêts

 

2. La richesse de l’écosystème forestier

Dans les profondeurs de la forêt tropicale, une vie qu’on ne voit pas foisonne. Nuit et jour, en surface comme en sous-sol, des millions d'acteurs s’épanouissent et vivent dans la forêt. Des grands et des petits végétaux (arbres, mousses, lichens…), des mammifères souvent considérés comme les « seigneurs de la forêt » (entre autres cerfs, chevreuils, blaireaux ou chauve-souris pour la France), des oiseaux, des insectes qui représentent 80 % de la communauté animale jouent un rôle majeur dans l'écosystème forestier et une multitude de décomposeurs microscopiques qui recyclent tous les débris tombés à terre. Dans la forêt, rien ne se perd. Tout ce que produit la forêt finit au sol et forme la litière (feuilles mortes, rameaux, fruits, graines…) à la base de la chaîne alimentaire. Ce formidable équilibre naturel est précaire : il peut être perturbé par la modification de la composition de la forêt, la déforestation, l’introduction d'espèces différentes, l’évolution du climat.

Or les enjeux économiques autour de la forêt sont phénoménaux. Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), le bois et les produits forestiers représentent 1 % du PIB mondial et 3 % des volumes d'échanges internationaux soit un chiffre d'affaires annuel dépassant les 200 milliards de dollars. Dix millions de personnes ont un emploi dans les métiers de la forêt (hors industrie de transformation) et on estime à 350 millions le nombre de personnes qui dépendent de la forêt pour se nourrir ou se soigner (source Achetons responsable, Éditions Seuil, 2006).

Autant de bonnes raisons de profiter de la forêt, parfois au-delà du raisonnable. On utilise ainsi le bois comme matière première, pour le chauffage ou pour la pâte à papier. Mais souvent aussi, la destruction de la forêt a pour objectif de libérer des terres riches pour une autre production : huile de palme pour l’alimentation (en Indonésie), soja (pour les agrocarburants au Brésil), élevage bovin.

Bien qu’il n’existe aucune convention internationale sur la forêt, en 2006, une centaine de pays avaient déjà institué un programme forestier avec des mesures de protection de la ressource forestière mais aussi de sa richesse biologique. « Malheureusement, la corruption est partout rendant toute législation inefficace », déclare Emmanuelle Grundmann. Ainsi, les « Barons du bois » à Bornéo, en relation directe avec le pouvoir en place, ont mis en place une véritable mafia du bois. Ils entravent toutes les règles et sont sur le point d’empiéter sur des parcelles du Parc National de Tanjung Punting au sud de l’île.

 

Encadré : Le bois, vraiment écolo ?
Couper du bois, est-ce vraiment une bonne idée ? À l’inverse de la plupart des matériaux de synthèse, le bois est biodégradable, facilement recyclable et ne génère pas de déchets à long terme (alors que le plastique met plusieurs siècles à se dégrader !). À privilégier donc pour la déco, le mobilier, la construction.
Quand on brûle du bois, le CO2 généré est équivalent au CO2 absorbé lors de la pousse de l’arbre : le bois de chauffage possède donc un bilan CO2 neutre, dans la mesure où l’équipement de chauffage est efficient (privilégier le label Flamme Verte).
Le véritable enjeu écologique du bois, c’est donc bien le respect de la ressource : provient-il d’une forêt où les coupes sont durables et les sols et les espèces animales et végétales sont respectées ?

 

3. Exploiter sans ruiner

Dans ce tableau noir, les initiatives positives existent. En Thaïlande où l’on cultive l’hévéa pour le caoutchouc, les arbres de plus de 25 ans d’âge, devenus inutilisables pour la production de caoutchouc, étaient habituellement brûlés. Plan Toys, fabricant de jouet et fournisseur de Nature & Découvertes, a eu la bonne idée de récupérer ce bois et de l’utiliser comme matière première.

Autre exemple : le karité qui, paradoxalement, est «sauvé» par son exploitation. Au Burkina Faso, un arbre sur trois est un karité. Cet arbre, pourtant sacré, est coupé pour utiliser ou vendre le bois de chauffe. Or, sans les karités, le désert avance irrémédiablement. Des ONG, (organisations non gouvernementales) comme le Centre Ecologique Albert Schweitzer implanté depuis 25 ans au Mali et au Burkina Faso, se mobilisent pour sensibiliser les populations à la nécessité de préserver les karités, non seulement parce que c’est un frein à la désertification mais aussi et surtout parce que l’on extrait de ses noix un beurre très prisé des laboratoires cosmétiques occidentaux.

« En montrant aux Burkinabés que le fruit du karité est précieux pour l’économie du pays, on crée un réflexe de protection : on préfère protéger l’arbre plutôt que de l’abattre pour en vendre le bois », résume Amidou Ouattara, responsable du projet karité pour l’ONG. Et quand le karité est exploité avec raison et dans le cadre d’un commerce équitable, tout le monde y trouve son compte. Au Burkina Faso, là où terre d’Oc se fournit en beurre de karité pour les soins Beauté du Monde de Nature & Découvertes, les femmes se sont organisées en groupements de productrices et de transformatrices et sont aidées par le Centre Ecologique Albert Schweitzer : « Nous les aidons par la formation sur le terrain mais aussi par la mise en place de micro-crédits leur permettant d’acheter la matière première pour la transformer ». Une rémunération équitable et surtout stable dans le temps – terre d’Oc se fournit au Burkina Faso depuis 6 ans déjà ! - est la condition sine qua non pour que le cercle vertueux de l’économie et de l’économie perdure.

 

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4. Et la France dans tout ça ?

« Par contraste avec le constat mondial, la situation des forêts en France et en Europe occidentale est plutôt bonne. C’est une vieille forêt bien gérée malgré son morcellement », considère Patrice Hirbec, chargé de mission biodiversité à l’ONF (l’Office National des Forêts), l’organisme chargé de la gestion des forêts publiques françaises. Même si là encore, les enjeux économiques prennent parfois le pas sur la préservation des équilibres biologiques : la filière bois est le deuxième poste de déficit de la balance commerciale française après l’énergie. « Depuis le discours d’URMATT de mai 2009, la préservation de la biodiversité peut difficilement être considérée comme un objectif prioritaire par les acteurs de la forêt. Nous craignons surtout que la loi du marché finisse par guider la politique forestière. La forêt serait alors menacée sur le long terme », déplore François Lefèvre, bénévole chargé du réseau forêts de l’association France Nature Environnement (FNE).

En effet, dans ce discours d’URMATT, les producteurs sont invités à rentabiliser leurs exploitations. Le risque ? Qu’ils rationalisent l’espace en transformant les forêts en plantations de monoculture régulière d’espèces nouvelles. « Nous ne cessons de le répéter : le respect de la biodiversité garantit une production de bois durable et efficace », affirme François Lefèvre.

 

La chasse pour une gestion durable des forêts

Pour maintenir l’équilibre de la forêt, la chasse tient un rôle de première importance. La trop forte expansion des populations de cerfs, de chevreuils et de grands ongulés appauvrit la diversité des écosystèmes. Pour y remédier, en l’absence de grands prédateurs, seule la chasse permet de réguler les populations. Pour gérer la chasse, des plans de chasse sont établis pour six ans et arrêtés par le Préfet. Ils associent l’ONF, les chasseurs, les agriculteurs et les usagers de la nature. Ces plans de chasse permettent de fixer et réévaluer chaque année par massif le nombre minimum et le nombre maximum d’animaux à prélever par espèces. Depuis quelques années, l’augmentation des populations d’ongulés est significative. L’ONF considère qu’il devient indispensable d’augmenter le nombre de prélèvements afin de restaurer l’équilibre nécessaire à la gestion durable des forêts.

 

5. Outils de protection des forêts

Autre outil de préservation des équilibres : les certifications de gestion durable comme FSC et PEFC, qui relèvent d’une démarche volontaire des propriétaires. Un organisme indépendant est alors mandaté pour assurer le contrôle du rythme de coupe et du respect de la diversité biologique : un contre-pouvoir nécessaire dans certaines zones du globe. « Ce garde-fou est indispensable là où il n’y a pas de politique publique », explique Patrice Hirbec. Brésil, Cameroun et Indonésie sont également concernés. 300 millions d’hectares soit 8 % des forêts ont été certifiées par des organismes indépendants depuis la création de ce système. Preuve qu’il répond à un besoin : celui de démontrer au consommateur que le bois qu’il achète ne participe pas à la destruction des écosystèmes.
Car si les enjeux économiques autour de la forêt sont colossaux, ils constituent aussi un levier essentiel en donnant du pouvoir au consommateur. Papier, mobilier, jouets, nous avons tous un rôle à jouer.

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Photo C. Laurentino  

 

FSC et PEFC, quelle différence ?
Le principe du label FSC (Forest Stewardship Council) est de contrôler la totalité des intervenants depuis le forestier jusqu’au détaillant en passant par le transporteur. Ainsi, FSC s’assure que le bois vendu est bien le même que celui qui est coupé durablement. Pour la forêt en elle-même, FSC s’assure que les coupes ne mettent pas en péril la ressource, que la biodiversité est préservée et que les droits des peuples autochtones ne sont pas bafoués.
PEFC (Program for the Endorsement of Forest Certification Scheme) est né en Europe de la même ambition. Mais seul FSC fait actuellement l’unanimité auprès des associations naturalistes.

 

6. Penser global, acheter local

L’affichage du nom du bois est une obligation légale (décret du 14/03/86). Le consommateur est donc en mesure de l’exiger avant d’acheter ! Le premier des réflexes à adopter est de privilégier du bois local. D’abord parce qu’au vu du bon état des forêts occidentales, le bois a de bonnes chances d’être issu de forêts gérées correctement. Ensuite, parce qu’il aura parcouru moins de kilomètres et donc aura moins d’impact lié au transport.

Pour les jouets des enfants, le savoir-faire des artisans du Jura est bien connu. Pour remplacer les bois exotiques au jardin (teck, wengé ou cèdre), on oublie souvent que le robinier faux-acacia, le châtaignier et le mélèze de nos forêts françaises font parfaitement l’affaire et résistent aux intempéries saison après saison. Le procédé de rétification (une sorte d’étuvage) rend certains bois beaucoup plus résistants : on peut ainsi utiliser des résineux, du hêtre, du peuplier, du frêne pour des usages exigeants comme les parquets, les palissades, les bacs à fleurs… Pour le bois de construction, sapin, épicéa et douglas conviennent ; pour le mobilier, mieux vaut privilégier chêne, hêtre, merisier, peuplier et noyer.

Si toutefois on opte pour un bois exotique – on se souviendra tout de même que, selon le WWF, 40 % des importations françaises de bois tropical seraient illégales –, on veillera à éviter les espèces protégées ou vulnérables. Pour en connaître la liste, il suffit de télécharger le Guide du consommateur de bois des Amis de la Terre sur www.ecolo-bois.org. Parmi les essences à éviter : l’acajou, l’iroko, le moabi, le ramin, le palissandre et le teck… Une liste, hélas, non exhaustive.

Bois local ou bois du bout du monde, même combat : on privilégie la gestion durable en pistant les certifications FSC et PEFC. Pour être certain que toute la chaîne de contrôle a été respectée, on s’assurera que le logo s’accompagne d’un petit numéro. Et si, comme 6 millions de foyer en France, vous utilisez du bois de chauffage, interrogez le vendeur sur sa provenance et sur la forêt dont il est issu. Et, pour le bois comme pour le reste, on en fait un usage sobre et économe. Jouets et meubles méritent mieux que de passer quelques mois chez vous avant de finir à la poubelle.

Un jouet en bois peut être donné pour servir à d’autres enfants, un meuble peut être revendu sur le marché de l’occasion (c’est le cas pour 30 à 40 % de vieux meubles), découpé pour réutiliser le bois d’une autre manière, ou brûlé dans un poêle à bois à condition de ne pas avoir été traité. Le bois est une matière précieuse, noble, durable issue d’un écosystème merveilleux d’équilibre. Souhaitons que l’Année Internationale de la Forêt en 2011 accompagne une prise de conscience mondiale des enjeux.

Mon beau sapiiiin, roi des forêêêêts

Pour Noël, comme la plupart des Français, vous choisirez un sapin naturel (5 millions d’arbres vendus contre 1 million d’arbres artificiels) et c’est tant mieux : un sapin artificiel est en général en plastique, non biodégradable, et il est changé en moyenne tous les 3 ans. 80 % des sapins vendus en France sont issus de la production nationale, et ne concourent donc pas à une quelconque déforestation (la pousse de l’arbre permet même de capturer du CO2). Concernant l’après Noël, si vous avez opté pour un sapin en pot, vous pouvez lui offrir une seconde vie au jardin, sinon, trouvez-lui une cheminée ou un bac à compost accueillants.
(Source : Achetons responsable, Éditions Seuil, 2006)

 

Contreplaqué ou massif ?

Grandes génératrices de COV (Composés Organiques Volatiles), les colles qui entrent dans la composition des bois agglomérés ou contreplaqués sont une source de polluants importante pour l’air intérieur. Pour éviter de respirer de grandes quantités de formaldéhyde (classé « Cancérigène certain » par le Centre International de Recherche sur le Cancer), on privilégiera le bois massif ou les panneaux de bois en classe E1 qui imposent des teneurs maximales autorisées en formaldéhyde.

 

Vivre au milieu d’une réserve

Si tout d’un coup votre village devenait une réserve naturelle, qu’arriverait-il ? Du jour au lendemain, vous n’auriez plus le droit de couper du bois n’importe comment, de chasser ou de pêcher pour vous nourrir, de défricher pour faire votre potager. Vos pratiques habituelles sont tout d’un coup baptisées « braconnage ». Cette aventure, c’est ce qui est arrivé aux habitants de 23 villages du Bénin, dans la réserve de Pendjari. Difficile de les blâmer et pourtant, plus que quiconque, ils dépendent de la bonne gestion de leur environnement. Alors que faire ?
« L’association Projets + Action a décidé de les associer au projet. En leur versant une partie des revenus générés par les entrées du parc, en les formant aux cultures alternatives et en les faisant participer à la reforestation, ils prennent conscience des avantages que peut avoir la préservation des lieux », explique David Sève, directeur de la Fondation Nature & Découvertes. La seule méthode efficace puisque la superficie du parc interdit la surveillance permanente.
La Fondation Nature & Découvertes a versé 3 000 € pour la réussite de ce projet.

Pour en savoir + : www.fondation-natureetdecouvertes.com/les-projets-soutenus-par-la-fondation/ensemble-protegeons-durablement-562

 

Quand le tourisme sauve la forêt

À Bornéo, la forêt de Kinabatangan est un lieu foisonnant de vie : orangs-outangs, crocodiles, varans, nasiques, pythons, macaques, oiseaux de toutes sortes… Mais depuis une quinzaine d’années, la forêt est saccagée pour faire place à d’immenses plantations de palmiers à huile où aucun animal ne vit. Pour prendre en main leur avenir et celui de la forêt, les habitants du village de Sukau participent à un programme d’écotourisme scientifique avec l’association Red Ape Encounter. Certains villageois sont devenus assistants de recherche, d’autres guides touristiques, d’autres enfin accueillent les visiteurs à domicile.
Cécile, salariée de Nature & Découvertes, a participé à un de ces séjours avec le tour-opérateur Saïga. « Chaque jour, dès 8 h, nous allons au même endroit pour observer les orangs-outangs. Il y a toujours quelqu’un en poste : 24 h/24 h. Nous notons tout et les données sont récupérées informatiquement pour être exploitées par les scientifiques de manière à comprendre leurs déplacements. Nous avons fait la connaissance de Simon, un mâle d’une vingtaine d’années, Jenny, la femelle, et ses fils Eaten, 8 ans et demi, déjà autonome et Molotos, un petit mâle de 6 mois qui porte le nom de l’arbre dans lequel il est né », raconte-t-elle.
L’investissement des habitants, qui retirent des revenus de cette activité, est le véritable garant du succès du projet. Un investissement qui n’est pas sans risque puisqu’en s’opposant à la déforestation, ils risquent parfois leur vie.

Pour en savoir + : www.saiga-voyage-nature.fr

  

7. Face à face - Le papier est-il une catastrophe écologique ?

Walter Bouvais, cofondateur et directeur de la publication du magazine
Terra Eco et du quotidien électronique Terraeco.net.
« Chaque jour, près d’1 million de tonnes de papier est utilisé dans le monde. La production et la récolte de bois pour la pâte à papier menacent ce qui reste des dernières forêts naturelles, leur faune, leur flore et les hommes qui en dépendent. Une déforestation à enrayer de toute urgence ! Or, 42 % du bois exploité commercialement sert à fabriquer du papier. La production d’une tonne de papier nécessite 50 à 100 m2 de forêt. Comment freiner cette surexploitation ? En premier lieu, consommateurs et producteurs de papier peuvent veiller à choisir du papier labellisé (FSC, PEFC, Ange bleu) et recyclé, localement c’est encore mieux. Une autre solution facile ? Arrêter de gaspiller. Certains de nos lecteurs nous demandent pourquoi nous continuons à publier notre magazine sur du papier alors que nous avons une version électronique. Tout simplement parce que nos lecteurs sont attachés au papier et, à ce jour, aucune étude n’a été menée pour évaluer qui du papier ou de l’électronique ont l’impact social et environnemental le plus important.»

Gilles Lhermitte, Directeur du Développement Durable d’Arjowiggins
Graphic, producteur de papier.
« Journaux, cartons, papiers à lettre, couches, mouchoirs… Le papier fait partie de notre quotidien. Depuis longtemps, Arjowiggins considère que les solutions existent pour réduire son impact écologique. Pour améliorer notre démarche environnementale, WWF France est à nos côtés. Notamment pour développer une production raisonnée avec l’élaboration d’un système d’Analyse du Cycle de Vie. Extraction de la cellulose, blanchiment, séchage, formation de la feuille, transformation... La fabrication du papier consomme beaucoup d’eau et d’énergie. Notre solution phare ? Le papier recyclé. Il permet de réduire la pression sur la ressource forestière tout en nécessitant moins d’eau et d’énergie que du papier réalisé à partir de fibres vierges. De plus, toutes nos usines et produits sont certifiés avec le label FSC qui garantit la protection de la biodiversité et le respect des droits sociaux sur les exploitations forestières, et qui assure la traçabilité depuis la forêt jusqu’au commerçant final. »

 

Walter Bouvais Gilles Lhermitte
Walter Bouvais Gilles Lhermitte

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