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Poissons et crustacés

• Une pêche industrielle destructrice
En 50 ans, l’essor de la pêche industrielle dotée de bateaux de plus en plus grands et de techniques de pêche très performantes a fait quadrupler le tonnage de poissons capturés : on est passé de 20 millions de tonnes à 92 millions de tonnes par an. Et pourtant la flotte industrielle ne représente que 1 % de la flotte mondiale de pêche, mais 50 % des capacités de prises. La pression sur la ressource est telle que les trois quarts des réserves mondiales sont concernées par la surpêche : 52 % des espèces sont exploitées à la limite de leur capacité de renouvellement, 16 % sont surexploitées et 8 % déjà épuisées. Pour le cabillaud, l’espèce la plus consommée au monde, les quantités disponibles ont diminué de 70 % en 30 ans.
Pour pallier cette diminution des stocks, on pêche aujourd’hui des poissons de grande profondeur, comme les grenadiers, empereurs ou lingues.
Avec le risque là aussi de surpêche, puisque nous ne connaissons pas encore le cycle de reproduction de ces espèces et donc leur capacité à se régénérer.

À consulter
Guide d’achat WWF Poissons et fruits de mer, www.wwf.ch/fr/cequevouspouvezfaire/gestes_ecologiques/alimentation1/poissons2/produits_de_la_mer_/index.cfm

• L’impact de la pêche au chalut
En France, 70 % des navires utilisent des chaluts, mais cette technique de pêche industrielle est extrêmement destructrice : un énorme filet traîné par le navire racle le sol et arrache le fond en détruisant tout sur son passage.
Un tiers des prises, dites annexes, ne peut être commercialisé : ces requins, cétacés, oiseaux et autres petits poissons sont alors rejetés morts à la mer. Tous les ans, ce sont en moyenne 27 millions de tonnes de poissons qui sont ainsi inutilement détruits.

• Pêche illégale : le pillage de la biodiversité
Des navires de pêche trop nombreux violent les lois internationales visant à protéger la biodiversité et à conserver les stocks de poissons. Ainsi, dans les mers australes, des navires de pêche industrielle braconnent des milliers de tonnes de légine australe (un poisson de grand fond principalement commercialisé au Japon et qui peut atteindre des prix très élevés). On estime qu’une légine sur deux a été pêchée illégalement.

• L’homme et la mer
La pêche industrielle a d’énormes conséquences sur l’écosystème marin tout entier. Elle l’a d’abord complètement désorganisé en surpêchant les espèces situées au sommet de la chaîne alimentaire (thons, espadons), puis en réorientant ses activités vers les espèces situées plus bas dans la chaîne.
Les conséquences sur la vitesse de régénération des stocks de poisson sont inconnues, mais il est certain que l’écosystème dans son ensemble est aujourd’hui gravement perturbé. Ce faisant, notre espèce établit une concurrence alimentaire directe avec les autres espèces qui peuplent les océans. C’est ainsi que des études portant sur les baleines à bosse montrent que les jeunes individus vivant au large des côtes de Terre-Neuve sont plus petits que la taille normale, du fait de la raréfaction du poisson dont ils se nourrissent. Tandis que les phoques du Groenland, affamés, migrent de manière inhabituelle pour venir chercher leur nourriture au large du Canada.

Chez mon poissonnier
Voici quelques pistes données par la fondation Nicolas Hulot pour mieux vous y retrouver face à l’étal de votre poissonnier.
À éviter : l’anguille, le bar de chalut, le cabillaud, le carrelet, la daurade rose, l’empereur, l’espadon, le fletan, le grenadiers, le merlu, le mérou, la raie, le sabre, la saumonette (requin), le saumon sauvage, le sébaste, la sole, le thon rouge, le vivaneau, les œufs de cabillaud, les œufs d’esturgeon sauvage, le foie de morue, le surimi, la crevette guinéenne, la crevette rose tropicale et la langouste.

Aquaculture durable
En France, le tiers de la consommation de poisson provient de la pêche et près de la moitié de l’aquaculture. Pour certaines espèces, comme le saumon, la proportion est encore plus grande : 95 % provient de l’aquaculture. Or pour produire une tonne de saumon (poisson carnivore), il faut utiliser de 5 à 6 tonnes de poissons sauvages !
De plus ces élevages, souvent intensifs, polluent. Il est donc préférable de se tourner vers des poissons d’élevage herbivores issus d’élevages extensifs, comme la carpe ou le tilapia, afin d’éviter de polluer et de piller la biodiversité des océans.

à lire
Il est bon, mon poisson, guide d’achat écologique et recettes par C. Aubert et L. Goumy Éd. Terre vivante.

Allergies, chiens et chats
Une étude américaine récente vient de montrer que les enfants élevés depuis toujours avec des chiens ou des chats présentaient à l’âge de 7 ans deux fois moins de risques de développer des allergies. Sans doute parce que les bactéries transmises par ces animaux modifient la façon dont le système immunitaire répond aux substances allergènes.

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